
Depuis que Cyrille m'en a parlé, je ne dors plus. LE QTVR... marrant comme certains mots ouvrent des dimensions parallèles dans les recherches de google. Si vous n'avez jamais fait l'expérience, il faut essayer le mot WAREZ...lol! L’underground en un clic de souris. Un autre mot continue à me faire découvrir des choses incroyables: DIY... qui est le sigle de (Do It Yourself...). Mais retournons a nos moutons. Ah....Le QTVR... le sigle lui même n'apporte pas d'élément de compréhension substantiel, une petite explication s'impose. Il s'agit de panoramas montés ensembles qui permettent de se déplacer dans toutes les directions. L'effet est saisissant. Je dois encore travailler ma technique avant de pouvoir en placer un dans SDTF, mais quelle excitation! Et vous? Qu’est ce qui vous excite en ce moment?
A voir: ICI
S'il y a un chapitre incontournable dans la culture Chinoise moderne, c'est la bouffe. La grosse bouffe. Ici on ne déguste pas, on ingurgite. Les repas sont pantagruéliques, et s'alimenter reste l'activité fondamentale de la journée. Il faut bien avouer que la richesse de cette cuisine est sans limite, et la diversité est remarquable. Que ce soit dans la variété des couleurs, des odeurs, mais aussi bien sur des gouts. Le plus surprenant reste souvent les textures auxquelles nous ne sommes pas habitués. Une nourriture remarquablement équilibrée si l'on considère l'intense activité physique de chacun (pas de chauffage a la maison + vélo pour aller au boulot + dans la grande majorité pas le cul assis derrière un ordi...) = une nourriture qui nous parait grasse pour nous qui vivons avec une autre idée du confort... Il n'y a pas un resto ou j'ai débarqué par hasard, ou dans un endroit perdu ou je n'ai pas remarquablement bien mangé. Le gout reste fondamental. Et personne, même les plus modestes n'accepterai de manger un plat dont le gout ne serait pas raffiné. On est bien loin de la bouffe pour chien servie sur les aires d'autoroute pour des sommes astronomiques. Ici on mange délicieux, partout, et à toute heure. Quant a l'hygiène, on peut se questionner un peu au début, mais a bien y regarder, le débit est tellement énorme que les denrées n'ont pas vraiment le temps de périr...Je n'ai que rarement été malade depuis deux ans. Bien sur trop de pesticides, et de métaux lourd se retrouve dans mon pauvre estomac...Il ne faut pas être naïf tout de même.... la grande majorité des plats sont cuits, ce qui limite la casse énormément...bien sur je vous déconseille les huitres vendues en plein air, mais il ne faut pas non plus chercher le bâton pour se faire battre...
On continue notre exploration du Shanghai ancien, avec ces ruelles étroites ou se presse une foule incroyable de petits artisans. Je pense que c'est l'image que se font les Européens de la Chine encore aujourd'hui. En tout cas c'est l'image que j'avais de la Chine avant de venir et de découvrir une toute autre réalité. En vérité il faut aller les chercher ces photos qui se font de plus en plus rares. Urbanisation délirante, telle un ogre qui dévore tous les vieux quartiers de ses pelles mécaniques. Toute une partie de l'histoire de la ville disparait. Il parait que c'est le progrès, et que tout le monde vivra mieux. C'est sûrement vrai, mais je suis quand même égoïstement un peu déçu de ne plus pouvoir déambuler dans ces ruelles à taille plus humaines que les grandes tours de verre qui remplaceront bientôt ce petit bordel ambiant. Il parait que les gens qui vivent ici auront plus de confort dans les nouveaux appartements que l'on construit en banlieue pour les parquer...mais n'y perdront ils pas leurs âmes? Toutes ces choses que nous appelons "confort" nous rendent elles réellement plus heureuse? Je commence à en douter en fait...
J'aime ces visages ou l'on peut lire l'histoire. Croisé ce vieil homme dans les montagnes au sud de Hangzou, sur un chemin étroit. Il parte ses sacs presque aussi gros que lui avec la technique traditionnelle Chinoise. Quand je lui ai demandé si je pouvais le prendre en photo il n'a pas hésité à m'encourager d'un large sourire. Pour tout ce qui s'achète il y a les RMB, mais pour le reste il y a Shanghai dans ta face, pourrait devenir le nouveau slogan du blog! Je n'ai jamais croisé de culture aussi accueillante, curieuse, ouverte. Son visage s'ouvre comme un trésor. De ces trésors qui vous rendent infiniment plus riche.

Il suffit de faire un petit tour en ville pour se rendre compte de l'effervescence qui entoure le nouvel an Chinois. On se prépare pour les grandes vacances... Retour au bercail pour la majorité des pèlerins. Pour ceux qui restent sur Shanghouse, il faut faire avec les moyens du bord. On sèche un max de poisson à l'air libre, entre les culottes de madame. Mais aussi pas mal de poulets... A l'heure ou l'Angleterre essaye de cacher la merde au chat, nos pèlerins font des réserves aviaires hallucinantes, séchées au bon dioxyde de carbone de Santana. Arf. Ca donne des photos bien space, presque gores, ou la pauvre vendeuse disparait derrière des tonnes de viscères de poulets...Je me demande bien comment tout cela va finir en cas d'épidémie...Mais on fait comme tout le monde ici: "jusque la tout va bien...". La politique de l'autruche pour la grippe aviaire semble s'imposer. La même insouciance que mes ballerines a l'arrière des scooters. Ca passe ou ca casse. Fatalistes les Shanghaiens?
Grosse lassitude à la terrasse des cafés de Xintiandi par un après-midi ou la température est bien surprenante ces derniers jours... Radeau de la méduse. Tuer le temps, en attendant la frénésie de cet endroit quand vient la nuit. On se bousculera pour s'assoir à ces terrasses, ou l'on dépense le salaire mensuel de la serveuse en une soirée... Société patriarcale ou il y a toujours un ancien qui "sait" ca évite de se poser trop de questions...
Une fois n'est pas coutume, une photo de Shanghai du coté de xintiandi. Je suis
toujours frappé de croiser des filles aux tenues qui passeraient pour singulièrement
provocantes dans la vieille Europe. Femme-objet. Pas au point de la société Japonaise,
mais la condition de la femme ici reste un mystère pour moi. Même habillée de façon
outrageusement suggestive, la jeune fille met sa main devant sa bouche pour cacher un
sourire de gène si on lui adresse la parole. Il y a un tel décalage entre l'image et l'état
d'esprit. C'est parfois assez déroutant. L'habit ne fait certainement pas le moine dans ce
cas, et non, cette beauté ne fait pas le plus vieux métier du monde.

"how can you see into my eyes like open doors
leading you down into my core here I’ve become so numb without a soul my spirit sleeping... somewhere cold until you find it there and lead it back home" De temps en temps il est salutaire de s'écouter un petit "bring me to life" d'Evanescence... Juste pour le plaisir. Pour ne pas perdre pied, et croire qu'il n'y a plus de limites. On peut perdre les pédales dans ce pays... Facilement...
Dès que l'on peut s'échapper de la mégapole, la vie prend une tout autre tournure. Plus humaine, moins artificielle. Le contraste est saisissant, les choses sont ici comme on les a laissés au siècle dernier. Aux racines de cette culture millénaire. Fascination. Vieux matériaux, dont la noblesse rassure. Plus de métal froid, plus de béton déshumanisé. J'aime ces petits villages plus modestes. La vie y est probablement moins confortable, mais ces gens ne sont probablement pas esclaves de leurs emails de ce côté de la ville...Pas de néons, une vie simple. Shanghai a ces deux facettes, et en me promenant sur les pages de ce blog, j'ai soudain eu l'impression que Shanghai n'était qu'une ville ultra moderne déconnectée de son temps. J'aime aussi ces petites rues odorantes, et paisibles. Je suis content que mes parents nous rejoignent pour le Nouvel An chinois. Ils pourront découvrir avec leurs petits-enfants la réalité de ces photos. Avec nous. Grâce à nous.
Encore une spécificité chinoise. Le morveux roi. Il est toujours intéressant d'observer l'effet d'une décision politique radicale sur une société. N'autoriser qu'un seul enfant par couple pourrait paraître perçu comme une contrainte terrible. Il semble en revanche que la chose soit plutôt acceptée. Sur le thème de la prise de conscience : « Nous sommes trop nombreux » (ce que chacun peut vérifier quotidiennement en prenant le métro...), l'inconscient collectif a été modelé sur cette idée de contribuer à l'effort global en ne mettant au monde qu'un seul bébé. Sur le papier, si l'on fait abstraction des facteurs psychologiques, cette décision semble plutôt raisonnable. Mais la vie n'est pas si simple ! et les parents n'ayant droit qu'a un seul espoir, focalisent toute leur attention sur cet enfant ultra protégé. Petit empereur, qui grand aura les mêmes exigences que tous les enfants uniques : il aura du mal à comprendre qu'il doit partager ses jouets et que tout ne lui est pas dû. La vie se chargera de le former ! Mais cette politique semble perdre sa réalité puisque les autorités se rendent compte que Shanghai a une population vieillissante. La pyramide des âges s'évase méchamment, et il faudra trouver des bras pour nourrir les anciens... Pénurie de main-d’œuvre contre disponibilité des ressources limitées ? Le casse tête est vraiment Chinois! Au final, les pauvres mômes se retrouvent avec une pression colossale, pour répondre aux attentes de parents furieusement exigeants... Une seule chose reste inchangée : l'amour d'une mère pour son fils. Cette chose si naturelle, si organique. On n'enlèvera pas aux Chinois leur amour pour les enfants. Une attraction sincère, presque naïve, qui est plus touchante que réellement désagréable. Je connais quelques expats qui crient au scandale quand un ou une inconnue touche leurs enfants dans la rue (ils adorent faire ça...), je crois qu'il n'y a rien à redouter. Cela ne fait que refléter leurs propres peurs (et souvent l’ignorance de l’autre). Il n'y a aucune méchanceté dans leur requête. C'est que du bonheur. il faut savoir en profiter. Maintenant les enfants ont grandi, mais les passants veulent toujours être pris en photo en leur compagnie. Je demande à mes enfants s’ils sont d'accord, et s'ils ne veulent pas ils le font savoir « bu yao! bu yao! »....