Vivre en Chine aujourd'hui c'est se retrouver en grand ecart permanent. A la maison comme au travail... Grande frustration cette semaine, puisque nous avions fait toutes les demarches administratives pour faire voyager Ayi, qui vit au quotidien avec nous depuis une annee. Obtenir un passeport, une assurance (demarches tout en Chinois evidement) et encore un parcours du combattant au consulat Espagnol (des heures de taxi et de queue dans les meandres d'une administration qui n'a rien a envier aux chinois...). Payer un billet d'avion... le tout pour se voir refuser son visa. La raison? pas tres clair... Trop pauvre apparement. Je rage. J'ai ecrit mille lettres pour me porter garant, sans succes. Ayi est pauvre, dans un pays qui fait peur. l'europe prefere fermer ses portes a tout intru. Illusion d'un protectionisme desepere. Le marche Europeen est deja envahi par les produits chinois, et rien, meme pas des fonctionnaires bornes ne pourra jamais enrayer le processus. Nous etions tellement content de pouvoir offrir a cette femme un voyage qu'elle n'aurait jamais oublie. Elle est aussi tres decue, mais comme tous les locaux elle se resigne.a 56 ans plus rien ne la surprend.Je me sens souvent comme sur le photo...la piece entre les deux mondes, il faut souvent pouvoir encaisser, devenir philosophe...vivement les vacances
Une Annee scolaire bien remplie qui tire a sa fin pour les trois momes...Plein de rebondissements pour eux aussi. Ils ont survecus a l'assasinat d'un gros poisson assome par le type du restaurant de Sanya, ils ont mange des tonnes de creuvettes, une bonne centaine de kilos de riz, bu quelques 300 litres de lait, (avec du bon Nesquik miam...) ils ont repeint tous les murs de la maison au feutre, invente une luge avec un bout de matelat dans les escaliers en marbre de la maison. Ils ont passe des heures sur le trampoline, fait des tonnes de plongeons dans la piscine, appris a dire "je ne veux pas!" en chinois (et aussi pas mal"je veux"...).bref une annee bien chargee en emotions. Lea deviens une petite fille de plus en plus autonome, je recois un coup de fil la semaine derniere, et c'etait elle:
" allo? c'est Lea!...."
"Ben comment tu as fais pour m'appeler?"
"ben j'ai tape le numero qui est sur ta carte de visite, la ou il y a marque julien sur le telephone de la maison..."
C'est simple finalement. Question con, reponse con...ca surprend quand meme a 6 ans...Elle a remarquablement appris a compter et a lire cette annee, le tout en quatre langues. Impressionant. Paul est toujours aussi coquin et a trouve que ses revenus fianciers etaient un peu trop courts. Donc il s'est mis a piquer tout ce qu'il peut trouver comme argent (principalement dans les economies de sa soeur ou le porte monnaie de sa mere) pour aller s'approvisionner en douce en bonbons au magasin du compund...
Ines enfin qui s'est fait chouchouter pas Ayi toute l'annee, n'a pas perdu la ligne, et met vonlontier une raclee a son grand frere quand elle ne sait pas trop quoi faire. De quoi mettre toujours de l'ambiance. Tout ce petit monde se prepare pour decoller en Espagne a la fin du mois, pour voir si la piscine de Barcelone est plus sympa que celle de Shanghai. Dure la vie...
G!G c'est un pote de toujours...Un de ces copains qui comptent. Il est reste sur la planete France, perdu en region parisienne, et il a (enfin) decide de partager avec nous sa vie d'ex surfeur en commencant un blog. Sur le parking des Estagnots en combin trouee, ou sur le net, mon G!G c'est un roc. Le roi de la bidouille, et du code bien leche. Il aime les choses bien faites, c'est un perfectioniste. On s'est rencontre comment? il y a bien longtemps sur les bancs de la fac. Un bete stage de fin de premiere annee de deug autour d'une stupide machine a RMN...je me demande comment on a pas fait explose cette becane tellement a l'epoque nous n'etions pas tout a fait convaincu de notre cursus scolaire...je me souviendrais toujours la branlee que nous a mis le chef du labo quand on lui a remis notre rapport de stage griffonne sur feuille volante. les deux cocos en converses devant le bureau du cravate a ecouter la lecon. On a fait du chemin depuis et maintenant que nous sommes de l'autre cote du bureau rien n'a vraiment change! bienvenue donc au blog de G!G qui va encore faire mieux que nous tous je le sais bien...sois fort mon G!G et impressionne moi encore une fois.son blog ICI
Parecequ'elle se prend a en douter parfois, il est bon de le rappeler, voir de le crier sur les toits, de temps en temps a qui veut l'entendre. J'aime une femme. Depuis 9 ans deja. Elle m'a donne trois beaux enfants, que j'aime de toutes mes forces. Pas toujours facile de tenter le grand ecart si loin de nos reperes, mais notre aventure ne fait que commencer. Je ne serais pas grand chose sans elle. Elle est mon reconfort, ma mere, mon amante, mon amie,,,mais surtout elle est la seule femme que j'aime.Elle est la reine des princesses de Glouk glouk, c'est Paul qui me l'a dit...mais chut, c'est un secret!
"La faim d'autrui, l'attirance pour ses souterrains.Puis, une fois son
secret déchiffré, viennent ces mots, souvent prétentieux et
catégoriques, qui dissèquent, constatent, classent. Tout devient
compréhensible et rassurant. Peut alors débuter la routine d'une
liaison ou d'une indifférence. Le mystère de l'autre est apprivoisé.
Son corps est réduit à une mécanique charnelle, désirable ou non. Son
coeur, à un inventaire de réactions prévisibles. En fait, à ce stade,
une sorte de meurtre se produit car nous tuons cet être infini et
inépuisable que nous avons rencontré. Nous préférons avoir affaire à
une construction verbale qu'à un vivant...."
"La femme qui attendait" d'Andreï Makine
On a tous nos petites manies. Moi je prends des photos de fenetres depuis des annees. Je n'ai toujours pas compris pourquoi. si vous avez une petite idee il faut m'aider parceque la ce devient grave! rien de bien dangereux cependant...Cette photo date d'il y a bien lontemps, c'est meme probablement peggy qui l'a faite pour moi, je devais avoir 20 ans...Paris...Shanghai...la route est longue mais une partie de moi est restée a cette fenetre...Quand j'etais gamin nous habitions une tour et je passais mes après midi à regarder les gens se promener dans la rue pietonne en contrebas. Imaginer leur vie leurs tourments, leurs joies...Les voir sans qu'ils ne puissent me voir.
Eric et Anne-Helene sont arrivés de Tokyo ce week end, il fait bon vivre en Chine avec 6 enfants qui courent dans le jardin...
Tu me proposes, fenêtre étrange, d'attendre ;
déjà presque bouge ton rideau beige.
Devrais-je, ô fenêtre, à ton invite me rendre ?
Ou me défendre, fenêtre ? Qui attendrais-je ?
Ne suis-je intact, avec cette vie qui écoute,
avec ce coeur tout plein que la perte complète ?
Avec cette route qui passe devant, et le doute
que tu puisses donner ce trop dont le rêve m'arrête ?
iner Maria RILKE (1875-1926)
Gilles et Sophie nous ont quitté today. Une merveilleuse semaine en leur companie, qui calme notre désir de faire découvrir Shanghai a ceux que l'on aime... Pour un moment en tout cas. Il est toujours plus facile de partir que de rester...toujours. Je pense qu'ils ont bien pris Shanghai dans leur faces... Quel plaisir de recevoir mon frere et sa copine si loin de leurs referenciel! Découverte express de tout ce que la Chine offre de contrastes dans des journées frénétiques. Avenues immenses bordées d'arbres, et ruelles étroites de la vieille ville...pauvreté a coté du luxe du compound, resto cacra et dinné au Westin... Pudong, la pearl, la jim mao et la vielle ville de Qi Bao...Des couleurs et des saveurs, (des odeurs de toffu qui ont marqué Gilles) et des experiences culinaires déroutantes pour Sophie.Je trouve ton amour si beau mon frere, occupe toi bien de ta Sophie, elle prends si bien soin de toi...
C'est qui le suivant sur la liste a se prendre Shanghai dans sa face?
Une semaine a Shanghai. Juste assez longtemps pour sentir au coeur de la megapole ce qui enfle la clameur : un invraisemblable equilibre sur le fil des grands contrastes. Gigantesques ecarts d'un monde a l'autre, d'une maison a l'autre sur le meme trottoir, dans toutes les rues que nous avons parcouru. Des contrastes cru au sens primaire, qui pourtant se fondent dans la douceur generale d'un ciel beau mais pas vraiement bleu, d'une nuit qu'on ignore sous l'assaut des neons.Douceur aussi de retrouver sa famille chinoise, freros, gamins et l'escorte d'Eva dans les negociations avec les dieux du commerce de la rue d'a cote. Bonheur enfin de confronter mes fantasmes avec cette realite nonchalente pour une semaine encore. Sensation de luxe en vrai ! Premiers pas sur un blog en sus ! Des vraies vacances quoi !!!!
signe: Gilles :-)
En prime : image de mon grand frere a la lampe de poche: un autre gaphiti chinois qui n'existe que sous sa main et sur la photo !!!
Maman, je t'aime.