Apres quelques temps en Chine on croit enfin avoir compris comment y travailler, comment obtenir des résultats. Mais tres vite on touche aux limites. C'est un travail quotidien et sans cesse il faut se remettre a l'ouvrage. Ne jamais oublier les fondamentaux. Les choses qui mettront des sciecles a changer, puisque justement il a fallu plusieurs millenaires pour en établir les regles... Il y a un décalage effroyable entre la croissance utra rapide de cette société sur ses aspects materiels (developpement de la ville, des infrastructures, des technolgies...). Mais l'évolution des mentalités n'est pas sur le meme rythme. Définitivement enlisé. Cette difficulté a plannifier plus loin que le lendemain me torture. Manager par tache plutot que par objectifs...Responsabiliser des gens qui ne le souhaitent pas...travailler en equipes, quand la plupart des intervenants pensent aux gains immediats, au court terme. Chacun voit le gateau grandir a vitesse grand V et se jette dessus avec l'avidité de celui qui en veut la plus grosse part. Tout tourne a la foire d'empoigne, et les fondements moraux en prennent un sacré coup. j'aime ce pays et sa liberté (aussi provocateur que cela puisse paraitre d'écrire ça...) mais la face cahée revele des malaises profonds qu'il faudra bien gerer a un moment ou l'autre. Ying Yang : ce qui est bon pour toi ne l'est pas necessairement pour moi.
Certaines habitudes semblent révéler une absolue insouciance, ou un défi permanent aux danger. Comme si le nier revenait à le rendre invisible. Un phénomene pas seulement Chinois, une étude francaise sur le port de la ceinture en France montrait clairement qui le fait de boucler sa ceinture était un sorte d'aveux que "oui l'accident est possible..." Constat térifiant si l'on se croit le roi de la route. Beaucoup de gens pensent que d'accepter le danger potentiel, c'est déja le vivre. Etrange comprotement humain. Les filles aux chevilles si frèles à l'arrière des scooter prennent tous les risques potentiels innerants au slalom entre camions surchargés et taxi enervés... Une sorte de défi à la logique pure. Pour moi cela crée de purs instants d'éphémère. Cette position si vulnerable allongée a l'arriere du scooter, cree la grace. La finesse de ces jambes qui se balancent au gres des innombrables dangers du voyage sont pour moi l'ultime luxe un moment de délicate beauté...Le temps se suspend le temps du vol, et l'on se prend a rêver d'un monde meilleur. On est vite rattrapé par le cruauté de la situation et les accidents sont si fréquents qu'il vaut bien sur mieux prévenir que guérir. C'est surrement la folie de ce comportement qui le rend si émouvant...
Assurément de tels hommes n'attribueront de réalité qu'aux ombres des objets fabriqués. Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaines et qu'on les guérisse de leur ignorance. Qu'on détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements, il souffrira et l'éblouissement l'empêchera de distinguer ces objets dont tout à l'heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu'il répondra si quelqu'un lui vient dire qu'il n'a vu jusqu'alors que de vains fantômes, mais qu'à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ? Si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l'oblige à force de questions, à dire ce que c'est ? Ne penses-tu pas qu'il sera embarrassé, et que les ombres qu'il voyait tout à l'heure lui paraitront plus vraies que les objets qu'on lui montre maintenant ?
Et si on le force à regarder la lumière elle même, ses yeux n'en seront-ils pas blessés? N'en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu'il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu'on lui montre? (Platon extrait de la République - Livre VII
putain c'est dur de former des chinois...
Quand tu es une petite fille chinoise et que tu vis dans un quartier pauvre de Shanghouse, il se passe quoi dans ta tete? Bien sur les pubs sont partout, etalant un nouveau monde de consommation si inaccessible il y a seulement quelques annees...Le marketing deferle sur une population medusee. Les premieres plaintes commencent a poindre, pour des femmes trop legerement vetues vantant les merites de tout et rien. On ne peut cependant pas dire que l'agression ait atteint le niveau de nichon a l'air auquel on est habitue en France. Mais les choses vont tellement vite, et la tentation est si grande de titiller le consommateur sur sa virilite, que je ne donne pas long pour que la pub rejoingne les sommets de vulgarite auquels nous tentons de survivre. Ce qui frappe donc ici, c'est l'ecart entre les niveaux de vie, quand on gagne 780 yans par mois et qu'une creme de nuit pour ta face vaut 450 yans chez Sephora a Gubei...Le calcul est vite fait. Contrastes donc, et une question me vient soudain a l'esprit: as t on vraiment besoin de creme de nuit?
le debat est ouvert, parceque je le vaut bien....
Dans l'adversite la Shangaiouse sait faire face, elle sait plier le dos pour ne pas rompre.... Scene de rue ce matin dans le deluge qui s'est abattu sur Shanghai la nuit derniere. Mais certains ont trouve la solution pour ne pas mouiller leur fameux spadassins en faux cuir noir avec bouts qui pointent vers le ciel: le poratge.En plus madame a des talons, elle se mouillera moins les pieds... Je crois que dans leur cas il lui aurait fallu plutot des echasses! Quand j'ai fait cette photo, j'ai pense que cela ressemblait assez bien aux relation que j'ai avec ma femme. Je la protege (financierement) des intemperies grace a mon parapluie d'expat, je lui achete des belles chaussures et des jolis habits, mais elle doit me supporter tout le temps et elle avoue parfois en avoir un peu plein le dos...en meme temps c'est souvent elle qui me guide dans moments de choix critique. ou quand le terrain est trop moite...Au fond c'est peut etre ca aussi l'amour!
Incontournable dans le culture du Chinois en devenir: le velo. Autant s'y habituer jeune, mon fils tu feras des kilometre sur ta monture! en tricycle ou en velo a moteur electrique suivant ton status social, mais plus rarement en santana. La santana noire c'est un peu la DS des rockabilies dans les annees 60...c'est aussi la voiture des taxis quand elle est peinte en deux couleurs, c'est surtout la voiture des voyous quand elle est en noir. Se mefier des santanas noires transformees en fumoire roulant par les 4 voir 6 branleurs qui l'occupent invariablement. se mefier tout autant des cyclistes, surtout en moto. Ils sont parfaitement imprevisibles, et ils regardent toujours dans la direction de la roue avant (au mieux quelques metre devant) ils sont souvent au telephone en meme temps, ou alors ils en profitent pour se fumer un petite clope. Leur niveau de concentration sur leur deplacement tend donc vers 0. Les problemes arrivent quand il s'agit de changer de direction. la tout est possible! en general le cycliste continue a regarder le bout de sa roue et traverse tranquille le carrefour. ca passe ou ca casse. et ca casse souvent. Je crois que personne ne leur a dit de regarder a droite et a gauche avant de traverser. d'ou leur comportement tres proche des galinacees...mais on fini par s'habituer a cette conception de la conduite et en virtuose du klaxon a survivre aux chagements de direction intenpestifs...deja une annee de moto dans la grande ville! et finalement que du bonheur...
Je me fais la reflexion de puis un bon bout de temps...Les femmes tres actives a Shanghai dans la vie professionelle n'executent pas du tout le meme travail que les hommes. Elles sont beaucoup plus studieuses tout d'abord. Elles finissent leurs etudes. Ensuite dans leur travail elles sont beaucoup plus rigoureuses, plus meticuleuses. Enfin en gros elles finissent le boulot! Pour les mecs c'est quand meme tres different. C'est un melange de systme D a l'africaine, avec une bonne dose de moins j'en fais mieux je me porte. Avec un non respect total du travail de l'autre. La ou j'habite des petites femmes en fichu balayent consciencieusement les feuilles tombees, en petit tas ...le chauffeur du taxi ne fait pas le moindre detour pour eviter leur travail, et va prendre bien soin de rouler dans leur labeur en eparpillant le tout. Le pire je crois c'est qu'il n'en a rien a foutre! en fait il ne fait meme pas expres...chacun pour sa gueule. Bref les mecs sont la pour faire le gros oeuvre, pas vraiment les finissions...ils ont installe des doubles vitrages a la maison, mais pour se la jouer a la cool ils ont garder les mains bien sale du bao zi du matin...resultat, les vitres sont sales a l'interieur du double vitrage! pas facile pour aller nettoyer...Par chance l'autre jour,nous avons pris un taxi femme. Elles ne sont pas nombreuses...La difference a ete assez surprenante: pas de coups de volant, et de godasse de plomb sur l'accelerateur, pas de coup de klaxon ragueur ni d'appel de phares genre poussez je passe. Il manquait quelque chose. Mais pour rassurer tout le monde quand meme, le niveau d'etude est si faible chez les ingenieurs diplomes qu'on ne peut pas parler de comparaison homme femme...ils sont globalement terriblement mauvais, et toute la subtilite consiste a decouvrire leur talent et surtout leur capacite a progresser. Chez certain c'est assez rapide, chez d'autre ce ne fonctionne pas. L'exrecice est difficile puisque lors de l'entretient d'embauche ils sont tous docteurs es tout ! bref une bonne dose de chance est necessaire et ensuite une enorme dose de patience. il m'arrive encore d'avoir des surprises mais globalement on est sur la bonne route!
Pas de croissants, pas de confiture, ni de petit cafe pour petit dej...et l'ami ricore ne passe trop souvent du cote de Shanghai, alors pour se faire un bon petit dej version locale, c'est plutot simple. Primo garder son pyjama (c'est plus confortable) sauter sur son velo, et direction le coin de la rue. La demander la fameuse crepe aux petits oignons. Un must. Ca fait sauter un peu l'email des dents au reveil, et ca garantit une halene de bouc pour le reste de la journee (surtout si vous demandez le petit rab de sishuan peper...) mais c'est convivial. On vous emballe tout ca dans un petit sac en plastique au cas ou vous voudriez aller manger ca ailleurs. le gout des choses simples. dans un rayon de soleil, ne pas oublier de demander le petit lait de soja pour faire glisser, et hop! depart pour une bonne journee a l'usine! miam... comment vendre des cereales petit dejeuner dans ces conditions? grosse question...surtout pour les manger sans cuillere! une idee?
A l'image de l'excellent travail d'Eric Leleu (voir son interview chez Gabyu) qui s'est amusé a prendre des clichés de dormeurs de Shanghai, voici mon dormeur sur l'un des sites touristiques de la grande muraille de Chine a cote de Pékin...Le plaisir de la sieste réparatrice se lit sur son visage. Bien sur le chiffre d'affaire va en pâtir un peu, mais un peu de repos ça n'a pas de prix ! Surtout quand on fait des journées bien chargées en heures de travail... Cumuler plusieurs jobs, travailler plusieurs jours d'affiler sans dormir... (certains jeunes chauffeurs de taxi louent une voiture pour 48 H et font 24 H chacun...ne pas hésiter a mettre un méchant coup de genoux dans sa bulle en plastique quand il commence a s'endormir sur l'autoroute !) . Une fois un chauffeur de taxi s'est endormi au feu. sur son volant, tranquille...j'ai du le réveiller...
Moi aussi aujourd'hui j'aurais bien envie de me laisser aller a une petite sieste au bureau. Les festivités du week end ont entame mon capital sommeil...Et avec l'arriver des grosses chaleurs, le besoin de vacances se fait de plus en plus sentir! Courage Julien…
Une fois n'est pas coutume, une petite photo qui n'est pas de moi...Lors d'un de ses hors pistes, Seb Arrighi un compatriote de Shanghai, nous a shoote cette petite photo sur sur la rivière Li pres du petitvillage de Fuli a cote de Yangshuo. Apres discussion avec l'ami, il était en train de préparer un mariage...trois chiens en méchoui, il parait que la chaire est particulièrement fine. Je n'ai pas encore eu l'occasion de déguster personnellement du clébard, en tout cas consciemment! Je parle souvent dans mes posts de "grand écart" culturel, en voila un exemple frappant. Et au fond pourquoi pas? Bien sur chez nous le chien constitue un animal "noble" et surtout un compagnon que certains aiment à humaniser. C'est sûrement ce qui nous donne un frisson de cannibalisme sur cette photo... Allez donne la papate medor! bon appétit....