La cigarette a Shanghai... et pourquoi, mon dieu pourquoi avoir repris cette bien mauvaise habitude? La première réponse qui effleure mon esprit c'est bien sur l'omniprésence du tabac dans toutes les couches de la société. Des cigarettes pour tous. Un accès a l'empoisonnement sans restrictions sociales. Des centaines de marques de cigarettes fabriquées localement...Toutes plus ou moins avec le même goût, seul le joli paquet change. Une sorte de goût de paille séchée, douce, mais avec un arrière goût de moisi dans la bouche. Rien a voir avec notre goût éduqué par PM en Europe. Frustration. Les clopes importées sont fausses une fois sur deux... La seconde raison est évidente des que l'on débarque dans un restaurant avec des chinois. La cigarette se partage et se fume ensemble, dans une communion très proche de notre partage du vin. On n'imagine pas s'ouvrir une bouteille de rouge et se la boire seul avec des amis. A peine mis le pied dans le fumoir au boulot que d'un seul geste tous les males de la pièce me lancent une cigarette. Geste d'amitié et de confiance. Dans les repas d'affaire mon hote fait bien a attention a m'offirir le plus de cigarettes possible durant le repas, en prenant garde de me montrer en mettant son paquet sur la table que normalement il fume des cigarette bon marché mais que pour moi il a acheté les fameuse cigarettes du chairman Mao...presque 5 euro le paquet un luxe a offrir a ses convives de marque. Drôles de considerations. le soucis du détails. La troisième raison est toujours personnelle, comme chaque fumeur ose se l'avouer plus ou moins consciemment: une volonté claire d'autodestruction. Echapper a une réalité que l'on ne juge pas a son goût. Endormir son cerveau avec de la fumée...illusion de jours meilleurs. Ou trouver la force d'arreter de fuir...
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Mon Paul, du haut de ses 4 ans, plane dans un monde sans trop de soucis. Il est venu sur terre depuis le ciel, et sa planète n'a pas de rose, mais elle est bien réelle! Sa blondeur n'a égale que son esprit espiègle. Il déteste sa soeur cadette, et vénère sa soeur aînée. Va comprendre Charles... A l'est rien de nouveau. Il est ma joie quotidienne, le voir grandir et un bonheur profond. c'est mon petit Paul. Quand je le vois au bord de la piscine tenter son premier plongeon dans l'eau, je me dis que j'ai 4 ans moi aussi, mais que j'ai si peur de sauter. Il ne se pose pas de questions ! il y va, plonge,et sa tête disparaît sous l'eau, son petit corps si frêle se débat dans les remous, et quelques brasse plus loin il émerge en ouvrant bien grand sa bouche. A pleins poumon il aspire l'air salvateur. Pas de retenue, pas de compromis. Paul vit entier. Tout son corps respire.
Il me fallut longtemps pour comprendre d'où il venait. Le petit prince, qui me posait beaucoup de questions, ne semblait jamais entendre les miennes. Ce sont des mots prononcés par hasard qui, peu à peu, m'ont tout révélé. Ainsi, quand il aperçut pour la première fois mon avion (je ne dessinerai pas mon avion, c'est un dessin beaucoup trop compliqué pour moi) il me demanda:
Lea a déjà 6 ans...avoir 6 ans en Chine c'est comme partout sur terre, on est l'aînée avec le poids de cette responsabilité. On commence a apprendre a lire et a écrire en Français dans un pays ou tout le monde parle chinois. On étudie très fort quelque chose qui ne sert pas directement! impensable a cet âge. Tout doit être acquis pour une utilisation immédiate...que faire de ces gens qui veulent me prendre en photo dans le rue? que répondre a la nounou chinoise quand on n'est pas d'accord avec une situation? nos frustrations de communication, comment ces enfants les vivent ils? Et puis il y a les envies de petite fille ce besoin d'avoir des amies, et de se sentir aimée. Les parents plus que nul part en Chine on a garantir l'éducation de leurs enfants seuls. Les repères moraux et sociaux passés au prisme de l'expatriation, confèrent une vision dénaturée de la vie "réelle". Mais peut on en vouloir a Lea de sa réalité, nous en sommes un peu coupables...