Avec l'été qui n'en fini pas de se prolonger a Shanghai, une petite virée en moto s'imposait ce week end. Ambiance détendue avec une armée de bikers débrides, pour un road trip d'enfer jusqu'aux lacs de l'ouest de la ville. Grosses cylindrées et petites pépés, tout l'univers du parfait biker version crabe (délicieux a cette saison) riz baguettes bière... Ni dieu, ni maître pour une jolie journée, ou enfin les motards reprennent le control de la route et obligent les camions a se ranger! l'effet de masse, la force d'une foule rugissante. Il y en avait pour tous les goûts, des gros cubes rugissants aux pocket bikes pétaradants, en passant par les incontournables scooters. Mais qu'importe la bouteille pourvu qu'on ait l'ivresse...J'ai croisé des gens sympa, plutôt ouverts, soucieux de la sécurité. Quelques têtes brûlées aussi, mais globalement une journée plutôt sage. Quel plaisir de pouvoir rouler tout droit des heures la poignée en coin...dure la vie a Shanghouse... (pour ceux qui ne satisfont plus d'une seule photo par article j'ai uploade une cinquantaine de photos de ce week end sur Flikr ICI, satisfait ta curiosite!)
Voila une bonne occasion pour se réécouter un peu de Wagner. Les buildings ce soir ont une tête de "vaisseau fantôme" dans la légère bruine signe avant coureur de l'arrivée imminente de l'hiver. Les masses d'acier et de verre se dressent majestueusement en plongeant leurs racines dans une vie grouillante de vélos et de bricoles. Leurs lignes contrastent furieusement avec la simplicité de la vie organique qui les nourrit. Une armée de travailleurs, qui quittent le bureau le regard perdu, tel la sève bouillonnante d'un arbre de Noël anachronique. Contrastes encore entre l'immuable de ces formes qui se dressent dans le ciel et les changements permanents de la vie en bas. Ciel visqueux, circulation chaotique, mais toujours ces mêmes sourires au coin de la rue. Dans ce pays tout devient humain. La masse humaine fini par apprivoiser le beton, et l'on se sent moins seul...
Comme tout change si vite a Shanghai j'en profite pour rafraichir un peu le titre du blog, pour combattre ce rythme effrene et prendre le temps de regarder les choses. Acteur et pas seulement spectateur de cette vie trepidante. En prime pour ceux qui ont l'impression que mes frequents voyages en Malaisie ressemblent a des week end au club med j'ajoute une petite photo de mon quotidien en Usine... Pendant longtemps ma perception de la Malaisie s'est limitee a cette fenetre. Un bout de ciel bleu dans les decibels des machines de production. Pas vraiment du vent dans les voiles et des meufs a poil...Vous aimez ce nouveau titre pour le blog?
Pour ceux qui n'ont pas eu le plaisir d'ecouter mon blog sur la RSR (Radio Suisse Romande) voici le lien ICI qui permettra d'ecouter ces textes avec une voix delicieuse! merci a G!G qui heberge les textes et l'enregistrement radiophonique. Ce blog c'est une orange, un melange d'amertume a l'exterieur et c'est tout sucre et juteux a l'interieur. bon rafraichissement!
Assurément de tels hommes n'attribueront de réalité qu'aux ombres des objets fabriqués. Considère maintenant ce qui leur arrivera naturellement si on les délivre de leurs chaines et qu'on les guérisse de leur ignorance. Qu'on détache l'un de ces prisonniers, qu'on le force à se dresser immédiatement, à tourner le cou, à marcher, à lever les yeux vers la lumière : en faisant tous ces mouvements, il souffrira et l'éblouissement l'empêchera de distinguer ces objets dont tout à l'heure il voyait les ombres. Que crois-tu donc qu'il répondra si quelqu'un lui vient dire qu'il n'a vu jusqu'alors que de vains fantômes, mais qu'à présent, plus près de la réalité et tourné vers des objets plus réels, il voit plus juste ? Si, enfin, en lui montrant chacune des choses qui passent, on l'oblige à force de questions, à dire ce que c'est ? Ne penses-tu pas qu'il sera embarrassé, et que les ombres qu'il voyait tout à l'heure lui paraitront plus vraies que les objets qu'on lui montre maintenant ?
Et si on le force à regarder la lumière elle même, ses yeux n'en seront-ils pas blessés? N'en fuira-t-il pas la vue pour retourner aux choses qu'il peut regarder, et ne croira-t-il pas que ces dernières sont réellement plus distinctes que celles qu'on lui montre? (Platon extrait de la République - Livre VII
putain c'est dur de former des chinois...
La Malaisie a une tres grande part de musulmans dans sa population. Plus on trace vers l'est et plus cette part augmente. On trouve aussi pas mal d'indous indouhistes, des chinois boudhistes, des Malais malins, et des moins malins aussi...Bref tout ce petit monde cohabite dans un joyeux merdier qui fait plaisir a voir. En toute decontraction, on croise des mini-jupes sur les fesses plates de chinoises, et des maxi jupes foulard sur les epaules des locales. Il y a un truc qui me fait delirer avec les jeunes filles musulmanes, c'est leur capacite a s'adapter a une religion qui leur interdit de trop en montrer: elle porte la tunique traditionnelle, mais laissent deviner des talons aiguilles de 15 cm...Tout en nuances donc...Nous sommes arrive en plein ramadan du cote de Kuantan. Au coucher du soleil, on se precipite donc dans d'immenses marches a ciel ouvert et a l'heure fatidique on se jette sur la bouffe avec l'appetit de celui qui n'a rien bouffe depuis des lustres. Une sorte de grande bouffe generale dans la rue, partout ou on peut, du moment que ca appaise la faim. Mes trois cheries sur la photo attendent patiement l'heure de satisfaire leur estomac en faisant un peu de shopping. La derniere m'a vu cadrer "las tres marias", elle s'est bien vite cachee...mais la curiosite est plus forte que la faim, et elle a fini par se retourner...et clac! dans la boite la curieuse...
Encore un voyage en Asie et encore des surprises... La cote sauvage de l'est de la Malaisie cache des tresors dans sa jungle tropicale. Quelle bonheur de decouvrir cette cascade du cote de kuantan. Un petit cote hollywood chewing gum, mais tellement rafraichissant...Des singes partout dans les arbres. Premier contact avec cette foret prehistorique qui redonne gout a une nature perdue dans les grattes ciel de Shanghai. Il faut ressentir l'intense vie grouiller au coeur de cette foret pour comprendre sa fragilite. le moment etait tout simplement beau.
Le premier truc qui frappe en arrivant à Tokyo, au-delà de la saisissante propreté générale, c'est le silence ambiant. Quand on débarque tout droit de l'énorme ogre qu'est Shanghai, on se surprend à tendre l'oreille pour guetter le bruit d'un klaxonne ou un de ces énormes camions tout crasseux qui fendent le trafic au mépris de toutes les règles. Mais rien. Un calme insolite pour une fourmilière en cravate qui grouille noir de monde tôt le matin jusque tard le soir. Une fois ce premier choc passé, on se plait a redécouvrir une vie plus paisible, mais aussi beaucoup plus (trop?) aseptisée. Je pensais me retrouver dans une BD d’Akira avec une ville futuriste toute en hauteur, buildings de verre et tout. Mais il n’en est rien. Tokyo est une ville de lilliputiens qui vivent dans des espaces tout petits. Et tout va avec : la voiture de oui-oui pour rentrer dans le minuscule garage, les petites assiettes pour manger une sorte de nourriture qui nourrit pas son homme…genre nouvelle cuisine version tout a le goût de poisson. Et ces interdictions ! il y est interdit de fumer dans les rues…a grand renfort de panneaux explicatifs ou l’on distingue clairement une petite fille blonde ( saloperie d’étranger…) avec une grosse croix dessus genre « classe - pas classe » on est submergé de directives. J’aime quand les Japonais me fond ce signe désespéré en mettant leurs bras en croix devant ma face genre : Impossible !, ne pas faire !, pas bon !, non ! non ! non !. Alors je les regarde avec mon air bête de Chinois, et je sors un « wo ting bu tong » (littéralement en Chinois : Je t’entends mais je ne te comprends pas…) et je continue ce que j’étais en train de faire…Leur visage alors se décompose et c’est l’irréparable. J’aime cette petite maison jaune, elle résume assez bien l’état d’esprit de celui qui est dedans…Etroite la maison…
Deja bien habitues au chocs culturels asiatiques, notre courte escapade niponne nous a permis d'halluciner sur des details insoupconnes... Je pensais qu'on avait atteint des sommets en matiere de snobisme mondain du cote de Paris, Barcelone, Londres ou Milan...mais la c'est hors categorie. Le total look de la shibuyotte surprend au premier regards. le mini short (en toute saison) ou la jupe tres tres courte, et les grandes chaussettes le tout sur talons aiguilles. Une sorte de reminicence de leurs annees d'uniforme en jupes plissees, mais en version liberation sexuelle...Pas etonnant dans ces conditions de finir completement fetichiste, et transferer tout desir sur des statuettes en plastique aux poses plus ou moins suggestives. Tout est important dans la tenue de sortie: la marque du sac, les accessoires, les bijoux...Bref une parisienne, en version rue pigalle, avec toute la pudeur asiatique soupoudre de fausse naivete. J'ai adore ca... tout ce design, cette creativite. Et si elles n'avaient pas les jambes toute tordues et leur demarche de canards on pourrait les trouver presque seduisantes!
L'extreme Orient reserve des surprises au voyageur... Meme lorsque l'on a l'impression d'avoir tout vu! Une semaine fantastique en decouvertes. Au Japon toutes les valeurs sont a nouveau remelangees, et les cartes redistribuees... Un festival de sensations nouvelles, de couleurs. J'aime mettre en perspective tout ce que je croyais aquis pour toujours et decouvrir qu'au fond il n'en est rien. Tokyo dans ta face, un melange de futurisme, et de traditions. Un petit arriere gout de Suisse, une bonne dose de regles et de conventions si lourdes a trainer. Chaque Japonais semble devoir charier un gros baluchon, melange de traditions seculaires, d'obligations sociales, et de strictes regles de vie en societe... Le tout le plus souvent sur de freles chevilles perchees sur des talons hauts. Les genoux deformes par des annees de position assise sur un tatami... Nous sommes loin du bordel ambient chinois, ou ma fois, je retourne avec delice a ma liberte!