La copie chinoise en question

Publié le par ShanghaiDragonRider

Parler de créativité en Chine aujourd'hui est un défi et un mystère auquel je suis confronté chaque jour. Professionnellement ou dans la vie quotidienne, déceler la créativité inhérente a ce peuple n'est pas une mince affaire. La mettre en oeuvre encore moins. Apres quelques mois d'âpres expériences infructueuses pour réussir a comprendre comme innover en Chine, je me rends compte que la situation n'est peut être pas si désespérée...Tellement de facteurs entrent en ligne de compte dans le processus intellectuel lie a l'innovation, qu'il n'est pas simple d'avoir une vision globale ou une solution miracle.

 

 

 

Indéniablement la chose qui frappe ne débarquant en Chine, et nombre de blogger le soulignent, on réalise vite que la Chine semble être au stade primaire de la copie. Cette évidence saute aux yeux après une petite visite au fameux fake market de Shanghai, temple de la fausse Rolex et du sac Vuitton en plastique. La copie est devenue un business important, et pas seulement en terme d'argent mais bien plutôt comme ingérence de la culture de l'Ouest dans le pays du milieu. Les jeunes Shanghainese rêvent d'un vrai sac Vuitton comme une bourgeoise parisienne, pour le prestige, pour montrer sa réussite. Les copies sont d'ailleurs assez bien réalisées, mais la qualité malheureusement a un prix, et ces articles contrefaits finissent par devenir très agaçant après quelques semaines...

 

 

 

En y regardant de plus près, la copie est une des phases importantes dans tout apprentissage. Et si on regarde ailleurs que ces évidences touristiques, l’industrie souffre du même syndrome. En ballade pour faire faire des pièces en métal, lors d’une visite dans une de ces innombrables usines aux toits bleus de la banlieue de Shanghai, un peu malgré moi, je tombe sur une magnifique machine de copie 3D Tesa (une marque Suisse…). De quoi copier à peu près tout, avec une précision diabolique. La seule pièce propre et climatisée de toute l’usine renfermait un trésor de plusieurs milliers de francs suisses. Le plus drôle dans cette histoire c’est bien sur que la copie est une utilisation détournée de cette machine, qui sert avant tout au contrôle qualité, cette qualité tellement décriée. Le reste de l’usine de production de ces pièces en aluminium tournant dans l’enfer du bruit des tours poussifs de production dans une crasse rare…La copie poussée a son maximum... Et après quoi ?

 

 

 

Et la c’est le vide…la page blanche…l’angoisse. Je peux lire cette angoisse sur le visage de mes collègues, quand la situation exige une prise de décision qui implique une situation nouvelle. Gênant pour du R&D…

 

 

 

Ou est la fantastique créativité des artisans qui perpétuent leur art sur l’ivoire précieux ? Sommes nous obligés de nous contenter de produits de merde ? Pour ressembler à une vielle Europe qui meure de ne plus rien inventer de bien ? Pourquoi s’entêter a croire que louis IV est une référence absolue d’esthétique et de bon goût. Quand on connaît la décadence de cette vie, pourquoi vouloir absolument copier ce qui ne marche pas de toute façon, même quand c’est de bonne qualité ?

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Louis 02/09/2006 05:36

Ne penses tu pas qu'ils vont rapidement évoluer ?
Ils sont si nombreux !
Même si il existe un Mozart sur un million d'individus, ils ont une sacré avance sur nous !
Compliment pour ta vision de cette société chinoise, elle est plus intructive que la lecture de l'Express
 
 
 

Zhaobudao 12/03/2006 23:00

J'aime beaucoup ta phrase :
"""Apres quelques mois d'âpres expériences infructueuses pour réussir a comprendre comme innover en Chine, je me rends compte que la situation n'est peut être pas si désespérée...Tellement de facteurs entrent en ligne de compte dans le processus intellectuel lie a l'innovation"""
voir si tu veux un papier sur l'innovation des processus au Sichuan
http://florent.blog.com/438465/
et un autre sur l'apprentissage du langage :
http://florent.blog.com/341356/
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