Gilles est toujours la...

Publié le par ShanghaiDragonRider

Déja une année que Gilles dit "l'australien" nous a quitté. Trop tot, trop vite, pour nous tous. Son esprit de liberté en revanche ne m'a jamais quitté. Souvent je pense a lui, tranquillement sans regrets. Tout ce que nous avons vecu, nous l'avons fait comme si nous vivions nos dernieres instants. Il aurait détesté nous voir s'apitoyer sur son sort. La force tranquille, du haut de sa cinquantaine, plein de ces histoires qui forgent un homme. La tete dans les voiles, un pied sur terre l'autre en mer, l'esprit de notre aventurier reste bien présent dans mon coeur. Nos repas en Suisse au bord de l'Orbe, des moments toujours riches en échanges et en tendresse. Comme un pere que j'aurais aimé avoir...Avec ses coups de gueule aussi, son integrité pour des valeurs auquelles il croyait si fort. Gilles tu conduit un defender dans mes reves, je suis assis a cote de toi, et tu me regardes avec cette bonté qui a toujours fait notre complicité. Pas besoin de parler, nous savions que l'important est ailleurs, dans ces moments de plaisir partagés, a la barre de "grenouille" ou dans le dessin d'une piece compliquée. tendrement.

Publié dans Shanghai sur net

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Lise 28/05/2006 19:48

Merci Julien, merci pour ta tendresse pour celui qui fut mon mari (...et qui le restera jusqu'à la fin de mes jours) exprimée avec tant de poésie. Je viens de trouver ton blog et j'ai lu ton message avec une grande émotion. C'est si beau. Gilles revit... continue à vivre... à travers tous ceux qui l'ont aimé. L'amour qu'il a donné sans compter rejaillit sur nous tous, nous qui n'avons pas encore fini notre parcours ici bas.

J'ai passé dans le pire des gouffres imaginables car le destin avait arraché la plus grande partie de moi. J'avais perdu pied, je ne me reconnaissais plus. Lise était parti, on ne sait pas où! La douleur faisait si mal qu'il m'était impossible, un très long moment, de sentir, entendre quoi que ce soit.

Mais c'est comme tu dis... Gilles aurait détesté qu'on s'apitoye sur son sort. (C'est pour cela qu'il a décidé de vivre la phase terminal de son destin dans l'intimité et non, comme on l'aurait cru le connaissant, dans l'échange et la communication avec ses amis).

Et voilà, tout à coup, 13...14 mois plus tard, j'ai réussi à re-ouvrir grand mes oreilles... refaire fonctionner mes cellules captantes... et j'ai senti sa force m'envahir. Il était là... vraiment là. Je l'ai entendu, sa voix rassurante, si chaleureuse et si douce, j'ai même vu son sourire plein de tendresse, plein d'amour pour la vie, avec cette petite étincelle permanente de passion dans ses yeux. Il n'a pas changé, tu vois. Comment il le pourrait! Il est si entier.

Il m'a tellement donné pendant son vivant (9 ans de paradis sur terre) et maintenant il me donne l'ultime, le plus beau cadeau qu'on puisse recevoir dans une vie : il m'a pris par la main et il m'a fait comprendre ce que ça veut dire, cette autre dimension qui lie ceux qui s'aiment d'un amour profond et vrai. Un matin, après toutes ces nuits de larmes, je me suis réveillée avec un sourire calme, avec une sérénité, une force que je n'ai jamais connu jusqu'alors (même si on m'a toujours dit que j'étais une personne forte): d'un moment à l'autre, j'avais tout compris. J'étais en train de vivre quelque chose d'incroyable: l'amour éternel. Vraiment, cette amour n'a vraiment plus aucun frontière, aucune fin. Le fil qui n'était pas coupé dès le début s'est transformé en lien contigu, en quelque chose qu'on ne peut pas comprendre avec la tête... seulement avec le coeur.

Je t'aime mon Gilles, et quand je regarde le lac où tu es, libre dans le vent et bercé par les risées du matin, je sais que j'ai une énorme chance. Une double chance même: d'avoir été parmi les privilégiées de te connaître et maintenant, plus privilégiée encore: tu m'as fait comprendre que je suis en train de vivre l'amour éternel.

... et la lumière d'un sourire fait étinceler l'écume de mes larmes.

Mon coeur est si plein que j'aimerais dire juste une petite chose : merci à tous ceux qui ont offert à Gilles un petit bout d'amour, ne serait ce que par un petit geste, un sourire complice, un passion partagée ou un seul petit regard chaleureux de reconnaissance.

Je te souhait, Julien... et à tout ta belle famille... que ton séjour à Shanghai soit rempli de moments de bonheur et de nouvelles aventures. Parles à Gilles quand tu peux, surtout quand tu es sur l'eau... Il adore tellement qu'on lui parle...

Bisous à toute la famille
Lise

Christian 17/05/2006 07:26


Merci Julien, vraiment merci de penser à Gilles
Je l'aimais bien ce quinqua toujours intarissable à raconter ses aventures. Certes nous avons eu quelques différents mais nous étions tous les deux malheureux et l'amitié reprenait très vite ses droits.
Je pense souvent à lui, comme à toi. Je ne sais pourquoi, une chose indéfinissable nous lie malgré nos différences.
Le souvenir se ravive d'autant plus que le Land de Gilles est parti hier soir pour de nouvelles aventures. Je me demande moi aussi si mon cube en alu me survivra lui aussi, mais cela n'a pas beaucoup d'importance.
Hasta luego amigo
Christian