Il fallait s'en douter, de ce coté de la planète on ne se soucie guère de ces petites fêtes d'origine douteuse
... Ca fait même rire! Une sorte de petit rire gêné. On ne va surtout pas risquer, dans une discussion en publique, de dévoiler quoi que ce soit de sa vie privée. Il faudrait que le marketing revoie tout son calendrier! En ce moment on est plus au rayon pétard, pour faire des provisions suffisantes pour la semaine prochaine qu'au rayon fleures... On se fera par contre volontiers un bon repas en amoureux... Toutes les raisons sont bonnes pour sortir manger. Pour ma part je suis gâté, ma chérie m'a offert des fleurs hier. Tout le monde s'en tape, mais je sais qu'elle a pris du temps pour les choisir. Soignez votre chérie ce soir mes amis, sortez pour une fois, la télévision sera encore la demain… Allez voir la ville main dans la main. C'est gratuit.
Par ShanghaiDragonRider
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S'il y a un chapitre incontournable dans la culture Chinoise moderne, c'est la bouffe. La grosse bouffe. Ici on ne déguste pas, on ingurgite. Les repas sont pantagruéliques, et s'alimenter reste l'activité fondamentale de la journée. Il faut bien avouer que la richesse de cette cuisine est sans limite, et la diversité est remarquable. Que ce soit dans la variété des couleurs, des odeurs, mais aussi bien sur des gouts. Le plus surprenant reste souvent les textures auxquelles nous ne sommes pas habitués. Une nourriture remarquablement équilibrée si l'on considère l'intense activité physique de chacun (pas de chauffage a la maison + vélo pour aller au boulot + dans la grande majorité pas le cul assis derrière un ordi...) = une nourriture qui nous parait grasse pour nous qui vivons avec une autre idée du confort... Il n'y a pas un resto ou j'ai débarqué par hasard, ou dans un endroit perdu ou je n'ai pas remarquablement bien mangé. Le gout reste fondamental. Et personne, même les plus modestes n'accepterai de manger un plat dont le gout ne serait pas raffiné. On est bien loin de la bouffe pour chien servie sur les aires d'autoroute pour des sommes astronomiques. Ici on mange délicieux, partout, et à toute heure. Quant a l'hygiène, on peut se questionner un peu au début, mais a bien y regarder, le débit est tellement énorme que les denrées n'ont pas vraiment le temps de périr...Je n'ai que rarement été malade depuis deux ans. Bien sur trop de pesticides, et de métaux lourd se retrouve dans mon pauvre estomac...Il ne faut pas être naïf tout de même.... la grande majorité des plats sont cuits, ce qui limite la casse énormément...bien sur je vous déconseille les huitres vendues en plein air, mais il ne faut pas non plus chercher le bâton pour se faire battre...
Par ShanghaiDragonRider
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Encore une spécificité chinoise. Le morveux roi. Il est toujours intéressant d'observer l'effet d'une décision politique radicale sur une société. N'autoriser qu'un seul enfant par couple pourrait paraître perçu comme une contrainte terrible. Il semble en revanche que la chose soit plutôt acceptée. Sur le thème de la prise de conscience : « Nous sommes trop nombreux » (ce que chacun peut vérifier quotidiennement en prenant le métro...), l'inconscient collectif a été modelé sur cette idée de contribuer à l'effort global en ne mettant au monde qu'un seul bébé. Sur le papier, si l'on fait abstraction des facteurs psychologiques, cette décision semble plutôt raisonnable. Mais la vie n'est pas si simple ! et les parents n'ayant droit qu'a un seul espoir, focalisent toute leur attention sur cet enfant ultra protégé. Petit empereur, qui grand aura les mêmes exigences que tous les enfants uniques : il aura du mal à comprendre qu'il doit partager ses jouets et que tout ne lui est pas dû. La vie se chargera de le former ! Mais cette politique semble perdre sa réalité puisque les autorités se rendent compte que Shanghai a une population vieillissante. La pyramide des âges s'évase méchamment, et il faudra trouver des bras pour nourrir les anciens... Pénurie de main-d’œuvre contre disponibilité des ressources limitées ? Le casse tête est vraiment Chinois! Au final, les pauvres mômes se retrouvent avec une pression colossale, pour répondre aux attentes de parents furieusement exigeants... Une seule chose reste inchangée : l'amour d'une mère pour son fils. Cette chose si naturelle, si organique. On n'enlèvera pas aux Chinois leur amour pour les enfants. Une attraction sincère, presque naïve, qui est plus touchante que réellement désagréable. Je connais quelques expats qui crient au scandale quand un ou une inconnue touche leurs enfants dans la rue (ils adorent faire ça...), je crois qu'il n'y a rien à redouter. Cela ne fait que refléter leurs propres peurs (et souvent l’ignorance de l’autre). Il n'y a aucune méchanceté dans leur requête. C'est que du bonheur. il faut savoir en profiter. Maintenant les enfants ont grandi, mais les passants veulent toujours être pris en photo en leur compagnie. Je demande à mes enfants s’ils sont d'accord, et s'ils ne veulent pas ils le font savoir « bu yao! bu yao! »....
Par ShanghaiDragonRider
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Il y a une question qui revient souvent sur les photos à Shanghai: comment tu fais pour faire tes portraits? Je me pose encore la question moi même...La chose s'est faite assez naturellement. Sans y réfléchir. Je faisais beaucoup de photos d'architecture. J'aime l'aspect graphique de ce travail. C'est une bonne école pour travailler le cadrage. Apres avoir travaillé extensivement sur ce sujet (inépuisable..) je me suis fait le réflexion récemment qu'il n'y avait plus dans mon ordinateur que des photos de personnages plus ou moins colorés! Que c'est il donc passé? En arrivant en Chine, j'ai du faire l'effort d'essayer de comprendre ces gens, leur culture, leur rapport avec leur environnement. Comme si brutalement et par la force des choses, mon intérêt s'est déplacé nécessairement vers les gens. J'aime ces sourires, ces gueules... J'ai eu à surmonter ce que chacun ressent quand il va prendre quelqu’un en photo: le regard de l'autre, et cette étrange impression de rentrer dans l'intimité d'un inconnu. Mais ici le rapport a l'intimité est complètement modifié. On vous pousse on vous bouscule. On a l'impression que ça se passe ailleurs. Alors j'ai commencé doucement à passer outre nos barrières éducatives judéo chrétiennes de respect de l'intimité d'autrui. Sans déranger personne. Tout parait normal. Quelle surprise! Quand je pointe mon objectif vers quelqu'un, je ne reçois presque jamais de critique ou de mouvement de recul. Pas d'animosité, plutôt de la chaleur, de la fierté. Il faut bien sur rester logique: pas question de prendre en photo les clients d'un vendeur de DVD piratés...il ne faut quand même pas chercher les emmerdes! Mais ça c'est du strict bon sens... Le cas échéant, je demande si je peux prendre une photo. (wo ke yi pai zao pian ma"?) Et j'abuse d'un très grand sourire en toute circonstance. Le rapport très court qui se tisse a ce moment est fondamental. Il semblerait que ce sourire gratuit, soit assez rare, et donc jugé d'une valeur suffisante pour accepter d'être immortalisé...
J'ai aussi un peu adapté mon matériel à ce type de photographie. L'achat d'un téléobjectif a large ouverture constante a été déterminant: le Nikon 70-200 f2.8 IF ED VR est une crème dont je ne saurais me passer maintenant. La réduction des vibrations me permet de descendre très bas en vitesse pour prendre des photos en faible luminosité, en gardant tout le piqué nécessaire...Il me permet de me poster un long moment (jusqu’a ce que je fasse partit des meubles) et brusquement pointer vers le visage que je souhaite prendre. Il y a beaucoup d'excitation à faire ce genre de photo. Il y a ce petit frisson tellement bon de cette interaction provoquée. Une sorte de drogue quand on y a gouté.
J'ai eu quelques refus aussi. Avec l'agressivité qui va avec...mais la aussi en général un sourire suffit a dédramatiser une situation. Souvent je montre la photo sur l'appareil. Cela crée une relation, et établi une confiance. Souvent d'une personne plutôt réticente au départ, j'arrive à obtenir quelqu'un d'acquis à ma cause. Il faut réussir à créer une relation de confiance en très peu de temps, et ce n'est pas toujours facile.
Il ne faut en tout cas pas du tout se priver de franchir le pas, et gouter au plaisir de cet échange bref qui nous met face aux autres mais aussi surtout face à nous même... Alors tous a vos appareils, envoyez moi vos meilleurs portraits pour qu'ils soient publiés dans "Shanghai dans ta face!": A vous de jouer! et laissez moi vos techniques perso en commentaires...je suis curieux de savoir comment chacun s'y prend...
Par ShanghaiDragonRider
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